Il est des livres dont on sent dès les premières lignes qu'ils resteront en vous. C'est le cas avec celui-la :
"La Vague" de Todd Strasser
C'est un petit opus. Il se lit en quelques heures, existe en langue anglaise depuis plus de 20 ans, est enseigné en Allemagne comme manuel scolaire et n'a été traduit en français que depuis l'année dernière.
Tiré d'un obscur fait divers, ce livre, situé au début des années 70, retrace l'expérience d'un professeur d'Histoire-Géographie d'un lycée américain.
Expérience, ce n'est pas vraiment le bon mot. Au début leur professeur, dans le cadre de l'étude de l'Allemagne nazie, voulait faire comprendre à ces élèves combien il est facile à tout chacun d'abdiquer son libre arbitre au nom du bien commun et ce sans même en avoir conscience. Pour cela, il les conditionne, échafaude un petit scénario, les fait adhérer à un nouveau mouvement "la vague"... et est stupéfait de voir avec quel rapidité ces élèves "mordent à l'hameçon".
Très, très vite, en quelques jours, voir quelques heures, la machine s'emballe et il faudra frapper fort pour mettre un terme à tout ça
Une telle expérience pourrait-elle être montée de nos jours ?.
C'est dérangeant de se poser la question et surtout de ne pas pouvoir y répondre. On pense à la "naïveté" des adolescents et leur très grande capacité à suivre modes et courants (ou les rejeter en bloc, ça part du même principe). Mais franchement nous autres adultes sommes nous si sur de nous et de notre capacité en notre jugement pour être à l'abri de ce type d'engouement ?
Voici un extrait du discours que fait ce professeur à ces élèves à la tout fin de cette expérience :
"vous vous croyiez si spéciaux [...]meilleurs que ceux qui ne sont pas dans cette salle.Vous avez échangé votre liberté contre une pseudo-égalité. mais cette égalité, vous l'avez transformée en supériorité sur les non-membres. Vous avez accepté la volonté du groupe face à vos propre convictions [...]
oui vous auriez tous fait de bons petits nazis. Vous auriez porté l'uniforme, détourné le regard et permis que l'on persécute et que l'on massacre vos amis et voisins [..]vous m'avez demandé comment les Allemands ont pu laisser des millions d'être humains se faire assassiner. Comment ils ont pu prétendre qu'ils n'y étaient pour rien. A votre avis qu'est-ce qui peut pousser les gens à renier leur propre histoire ? [...]
Si l'histoire est condamnée à se répéter, alors vous aussi, vous voudrez nier ce qui vous est arrivé dans la vague. En revanche, si notre expérience est réussie [...] vous aurez appris que nous sommes tous responsable de nos propres actes et que nous devons toujours réfléchir sur ce que nous faisons plutôt que de suivre un chef aveuglément; et pour le restant de vos jours, jamais, au grand jamais, vous ne permettrez à un groupe de vous déposséder de vos libertés individuelles."
mardi 3 mars 2009
"La vague"
Publié par christèle à 20:59 8 commentaires
Libellés : lectures
dimanche 4 janvier 2009
Les auteurs lisent le web
Nous autres lecteurs, aimons parler et partager nos lectures.
On discute, on palabre, on critique parfois, on conseille aussi. On s'arroge le droit de dire si on aime ou pas, sans forcement donner de raisons, c'est le privilège du lecteur.
Les auteurs, eux, sont dans un autre monde, du moins l'imagine t-on.
Car parfois on peut avoir des surprises et des bonnes surprises.
Ainsi, mi-décembre, j'ai reçu un mail de Robert Belfiore auteur de "Loup et le cristal d'Erax".
Il me remerciait pour un simple petit commentaire laissé sur le blog de Touwity, ou elle parlait de ses lectures et ou je lui conseillait son ouvrage.
Il me remerciait pour ce simple petit commentaire, avec en plus deux trois petits trucs sympa sur mon blog.
C'est pas cool ça ?
Bon ok, le monsieur soigne sa com, mais il n'empêche, ça fait drôlement plaisir ce genre de courrier (j'ai un égo sur-dimensionné vous la savez déjà:)).
Du coup on se dit aussi que quand on aime pas et qu'on le dit, ça peut blesser vraiment. Le web n'est jamais aussi immatériel qu'il n'y parait.
PS : Du coup, quand pendant les fêtes un client un peu déboussolé me demandait un conseil de lecture pour un "ado", je n'avais aucune mauvaise conscience à conseiller cet ouvrage, lu et apprécié (j'en ai casé 15 quand même :))
Publié par christèle à 20:56 11 commentaires
Libellés : lectures
dimanche 16 novembre 2008
C'est quoi qu'tu lis ? Utu et Haka
Lire est pour moi comme une seconde nature, je lis un peu beaucoup passionnément...
A l'idée de ne pas avoir un livre sur moi, alors que j'ai un moment de libre, je suis carrément en état de manque. Je suis alors capable de lire n'importe quoi, la boite de céréales, une pub à la con, un mode d'emploi, n'importe quoi je vous dis.
Mais bon comme je suis (parfois) organisée, je pense toujours à mon bouquin pour ma pause déjeuner.
Et là, de façon quasi invariable, c'est toujours au moment où je suis bien partie dans ma lecture, embarquée, que j'ai droit à :
"tu lis quoi ?...ah ouais...connait pas. C'est bien ?"
Ben oui couillon, qu'est-ce que tu crois que je passe mon temps à lire des trucs que j'aime pas ?.
Mais bon comme je suis une fille fondamentalement gentille et bien élevée, je réponds par l'affirmative que "oui c'est bien"
Et je fais même un petit résumé, et là le type qui n'en demandait pas tant, se défile rapidement et me laisse finir mon bouquin.
Et puis comme en plus je suis une fille généreuse, je vais même partager avec vous mes derniers plaisirs littéraires :

Avec Caryl ferey, vous entrez dans le monde du polar noir, très, très noir.
Il n'y a pas d'échappatoire, pas d'happy end. Les héros sont fatigués, un peu (beaucoup) déglingués, désabusés, obsédés...
L'histoire se passe en Nouvelle Zélande. Ici, pas de musique lascive, de danse folkloriques ou autres gentils clichés.
L'ambiance est sombre, les rapports sociaux heurtés, les maoris amers les blancs pas beaucoup mieux.
L'auteur (français) est remarquablement documenté, mais jamais le fil documentaire ne prends le pas sur l'histoire policière qui avance de façon fulgurante. Ce type de livre vous ne pouvez pas le lâcher avant la dernière page. Et une fois fini, ilo reste encore tourner dans votre esprit un bon moment.
Je ne vous raconterai pas un mot de l'histoire, j'ai vraiment envie que vous les lisiez.
Théoriquement Utu succède à Haka, mais les deux histoires se lisent indépendamment.
Si cet auteur vous botte son dernier vient de sortir :
je viens de le finir et là encore ça le fait.
Publié par christèle à 21:30 10 commentaires
Libellés : lectures
vendredi 12 septembre 2008
Improbable rencontre
Regardez qui est venue me rendre une petite visite :
Elle s'est même prise d'amour pour mon portable :
Fugitif et éphémère...
sympa non ?
Publié par christèle à 22:39 5 commentaires
Libellés : lectures
mercredi 2 juillet 2008
"Littérature Kleenex ?"
Dans ma grande surface on ne vend pas que des petits canards (cf épisode précédent)
Non, on vend aussi, accessoirement, des livres.
Il est un temps (pas si loin que ça), ou aux yeux de certains, vendre des livres en grande surface, c'était le mal.
Quoi, un ouvrage de littérature entre deux boites de capotes ?
Balzac ravalé au rang de William Saurin ? Baudelaire à 3€, à la portée de tous ?
Depuis le livre se retrouve partout, de la grande surface spécialisée en passant par le net, et il n'y a plus de cris d'effroi devant les livres en tête de gondole.
Pourtant, il est vrai que l'on ne vend pas les mêmes ouvrages en grande surface que dans une petite librairie.
Chez eux vous ne trouverez pas ça : 
Faut avouer, Harlequin, c'est mes chouchous.
Des titres tous plus alléchants les uns que les autres :
"Secrets d'Orient", "La captive des sables", "Rêves de plaisir", "L'amant Andalou"...
Pour que ça marche il faut une jeune héroïne belle (mais qui n'en a pas conscience), un homme ténébreux au sombre passé, si possible exotique (italien ou grecque faut pas pousser non plus), une situation inextricable qui pousse la jeune fille (à son corps défendant bien sur) dans les bras de l'homme.
Les Harlequin ont leur lectorat fidèle et quasi exclusif (quelques infidélités chez "j'ai lu passion").
A l'approche du 1er et du 15 de chaque mois, elles (euh oui faut avouer que je n'ai jamais vu d'hommes charger son caddie de ce type de romans) furètent autour du rayon attendant la mise en place, se servant parfois directement dans les cartons (véridique):).
Moi, je les aime bien ces lectrices de tous âges (si, si, jeunes, vieilles indifféremment).
Il doit y avoir quelque chose de rassurant pour elles dans la lecture d'un ouvrage dont elles connaissent tous les codes. Invariablement un histoire qui se termine bien, des personnages stéréotypés certes, mais dont elles ne semblent jamais se lasser.
Il y pourtant quelque chose d'effrayant avec les Harlequin, quelque chose qui m'a révulsé la première fois ou je l'ai vu faire et que j'ai du le faire moi même : leur retour à l'éditeur.
S'est simple, on prends l'ouvrage, on plie la couverture, on arrache les pages...et on jette à la poubelle.
Vous me direz pour certains ce type de bouquins ne mérite pas mieux. C'est de la daube, de la sous littérature etc
Je ne vois pas les choses de cette manière, si un ouvrage quel qu'il soit, apporte du plaisir à celui qui le lit et bien le but recherché est atteint.
Même si le livre n'a rien apporté de "constructif" à son lecteur, on s'en fout. Pendant quelques pages il était ailleurs et c'est bien là la seule chose qui compte.
Publié par christèle à 18:02 7 commentaires
Libellés : délires futiles, lectures
lundi 14 avril 2008
lire, lire, lire
J'ai récemment fini ce livre, et je voulais vous faire partager le plaisir que j'ai eu à le lire.
L'écriture est magique par sa simplicité. Peu de mots suffisent à l'auteur pour évoquer en nous mille-et-unes images. Une grande partie du charme de ce livre tient dans ses personnages, des caractères dessinés comme à l'aquarelle.
" L'enfant contre lui ne bouge pas. Elle est tranquille, toujours. Tranquille comme comme le matin lorsqu'il se lève et peu à peu dissipe la nuit qui avait enfermé le village, les rizières et la forêt dans son manteau de ténèbres."
J'aime lire, passionnément, intensément, depuis toujours.
Petite je me cachais dans tous les coins et recoins de la ferme de ma grand-mère. Tout était bon pour l'assoiffée de lecture que j'étais : les livres, les bd, les revues (ah "Nous Deux" et ses romans photos...).
Plus grande je n'ai pas vraiment changé, où que j'aille il me faut un livre à portée de main, ça me rassure. Si j'entre dans une librairie, je furète, je hume, je touche les livres, je lis les titres, les résumés (ben oui quand même), et je ne peux pas, je ne peux pas, sortir sans en avoir acheté un.
Les livres qui m'ont le plus marquée n'était (ne sont) pas forcement des ouvrages dits "classiques". J'ai toujours eu un peu peur de la "littérature", ces livres primés, encensés ou descendus en flamme par la critique.
Quand j'en lis c'est sans le savoir, parce que j'apprécie l'auteur, ou parce qu'un je ne sais quoi m'a attirée. Ce n'est pas toujours facile de définir l'attachement que l'on éprouve pour tel ou tel livre. Une chose cependant que j'ai remarqué, c'est souvent plusieurs mois après sa lecture que je me rends compte que tel ou tel livre m'a vraiment laissé des souvenirs (tant il est vrai que certains s'oublient aussi vite qu'ils ont été lus).
Et vous quel genre de lecteur êtes-vous ? compulsif, dilettante, vous picorez de-ci de-là, vous dévorez sans compter ?
Publié par christèle à 22:24 6 commentaires
Libellés : lectures, ma vie à moi